(Paris) – Noël en terre de désolation. À Gaza, ce qui devrait être une période de lumière et d’espoir se vit sous les bombes, dans une lutte quotidienne pour la survie. Privés d’eau, de nourriture, et d’abris sûrs, les enfants fouillent les ordures à mains nues, pieds nus, pour trouver de quoi manger ou se couvrir, tandis que les bombardements israéliens continuent de s’intensifier dans le nord de l’enclave.
Les organisations humanitaires, comme Oxfam, tirent la sonnette d’alarme. Elles dénoncent l’obstruction systématique des autorités israéliennes, empêchant l’acheminement de l’aide vitale à des milliers de civils affamés et piégés. Depuis le 6 octobre, Israël a renforcé son siège militaire sur Jabalia, Beit Lahia et Beit Hanoun, bloquant l’accès aux convois humanitaires. En deux mois et demi, seuls 12 des 34 camions autorisés à entrer dans la zone ont pu distribuer de l’aide, et certains de ces points de distribution ont été évacués et bombardés quelques heures après les livraisons.
Un siège étouffant et des vies brisées
Les conséquences sont apocalyptiques. Selon Oxfam, les Gazaouis sont contraints à des mesures extrêmes pour survivre. Des femmes et des enfants fouillent les décharges à la recherche de restes de nourriture, s’exposant aux maladies, aux blessures et au danger des bombes non explosées. Gaza détient désormais le triste record du plus grand nombre d’enfants amputés au monde, dans un contexte où le système de santé, décimé, manque des fournitures médicales les plus essentielles, y compris des anesthésiques.
« La situation est apocalyptique. Les gens sont piégés, sans abri, sans nourriture, et face au froid glacial de l’hiver, » déplore Sally Abi-Khalil, directrice d’Oxfam pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord. « Gaza est détruite. Le secteur public s’est effondré, et le système humanitaire est à genoux. Nous appelons la communauté internationale à agir immédiatement. Chaque jour sans cessez-le-feu est une condamnation à mort pour des centaines de civils. »
Destruction ciblée et famine imminente
Le 23 décembre, à la veille de Noël, une nouvelle vague de bombardements israéliens a frappé Gaza, faisant au moins 58 morts et 88 blessés, selon le ministère de la Santé de Gaza. Parmi les cibles, le camp de déplacés d’al-Mawasi, désigné comme « zone sûre » par Israël, a été touché, tuant huit personnes, dont deux enfants.
Dans le nord, l’armée israélienne a ordonné l’évacuation de l’hôpital Kamal Adwan, l’un des trois établissements encore partiellement fonctionnels dans une zone où vivent jusqu’à 75 000 personnes. « Nous avons environ 400 civils, y compris des bébés dans l’unité néonatale, dont la vie dépend de l’oxygène et des couveuses », a déclaré son directeur, Hussam Abu Safiya, à Reuters.
Le mois dernier, la Classification intégrée des stades de la sécurité alimentaire (IPC) a averti d’un risque imminent de famine dans le nord de Gaza, un danger qui s’étend à l’ensemble de l’enclave. Les retards et blocages imposés aux convois humanitaires aggravent cette crise. Un convoi de 11 camions, initialement bloqué à Jabalia, a vu une partie de son contenu confisqué par les forces israéliennes avant d’être redirigé vers une zone militaire inaccessible aux civils.
Un cri inaudible depuis l’Occident
Alors que les images de destruction et de souffrance affluent, le silence des dirigeants mondiaux devient de plus en plus assourdissant. Les appels au cessez-le-feu, à la libération des otages et à la levée du siège restent lettre morte. Dans les décombres de Gaza, les cris désespérés des enfants et des familles s’effacent sous la poussière et le bruit des explosions.
Sur cette terre qui a vu naître Noël, la mort et la destruction rappellent que chaque jour, l’humanité vacille sous les bombes. Les corps sans vie, les pleurs des enfants et les ruines de Beit Hanoun incarnent un cri de douleur qui, ici en Occident, reste souvent inaudible. Gaza, en cette veille de Noël, ne connaît ni trêve ni
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